Légendes d'Aetherya

La Légende des ruines interdites

La légende raconte qu’un trésor convoité par les plus grands chefs demeurait caché au sein de l’ancien temple bâti jadis par les hommes. Cet édifice fut construit en l’honneur de leur divinité afin d’y protéger leurs trésors et leurs plus grands secrets. Les ruines s’adossaient à la colline. Des statues aux silhouettes angéliques encadraient la porte en bois privée de plusieurs de ses planches. Des traces de pas se dessinaient dans la poussière déposée en fin tapis sur le sol en pierre taillée. L’elfe prit soin de poser le pied au creux des empreintes déjà présentes. La lumière éclairait la nef par tâche, s’immisçant par les ouvertures accidentelles de la voûte effondrée. La longue salle s’ouvrait latéralement en alcôves arrondies et accueillait tout au fond un autel encore décoré. L’estrade en bois supportait une massive table couverte de chandeliers, de coupes et de bouquets séchés, derniers trésors épargnés par d’anciens pillages. L’elfe alluma une torche et contourna la table, observant les empreintes disparaître sous une planche. Dessous se révéla un escalier intact aux marches étroites. L’écho de pas remontait des profondeurs. Quelqu’un le devançait de quelques minutes. Le visiteur se hâta de descendre en quête de la salle du socle. 

Epée Magique : L'une des 12 différentes tuiles que l'on peut trouver dans le jeu et qui permet à celui qui la possède de favoriser l'issue d'une bataille.

Les rumeurs évoquent une épée plantée en son sein, empreinte d’une magie très ancienne, épée qui octroierait la victoire sur les champs de bataille à qui la détenait. La lame brillante plantée dans son socle métallique trônait au centre de la pièce carrée. Une silhouette se figea, la main tendue vers le pommeau richement décoré de pierres précieuses prête à dégainer. L’elfe décocha rapidement une flèche pour faire reculer son concurrent. Il découvrit sans surprise la nature et la menace représentée par celui-ci. La petite mais imposante ombre décrocha un marteau de sa ceinture et un combat acharné s’engagea. Le nain brandit son arme et la lança avec force vers son opposant, décrochant la deuxième arme de son dos et parant la flèche suivante avec son bouclier ovale. L’elfe ayant esquivé le projectile riposta d’un tir précis stoppé par le bouclier. L’armure en plaque du nain l’incita à abandonner son arc au profit des deux longues lames effilées, extirpées de leur 

fourreau avec hâte. Tous deux observaient et jaugeaient son adversaire, se faisant face. Lorsque l’un faisait un pas sur la gauche, l’autre suivait, dessinant un large cercle autour de l’arme légendaire. La tension nerveuse et musculaire augmentait à mesure que la trajectoire arrondie se resserrait en une spirale infernale. À portée de voix, l’elfe tenta de prendre l’ascendant :

– Recule nain, quitte ce temple avant de le souiller de ton âme impie. Retourne dans ton antre humide et froide avec tes congénères.

– J’étais là le premier, elfe, rétorqua le nain avec autant de condescendance que son adversaire. La victoire des nains est proche. Et ta chair sera la première à goûter cette lame.

Cédant à la colère, les deux guerriers bondirent, marteau et lames prêtes à en découdre. Le nain frappa latéralement, visant les flancs de l’elfe dépourvues de côte de maille. Celui-ci dévia l’attaque d’une lame et contre-attaqua de sa deuxième, profitant de sa hauteur pour viser la faille entre le casque et le plastron. Sentant la menace venir d’en haut, le nain souleva son bouclier au-dessus de sa tête, rencontrant la résistance métallique de la lame elfique. Le choc fit reculer l’être sylvestre qui profita de ce nouvel élan. Il bondit, virevoltant dans les airs, filant au-dessus du nain, lames pointées vers le sol. Le bouclier toujours brandi stoppa les lames mais le nain s’écroula sous le poids de l’impact. L’elfe rebondit tel un félin, glissa sur le sol dans un demi-tour maîtrisé. Au sol, le nain saisit une poignée de sable et le lança devant lui, stoppant net toute tentative de riposte. L’elfe lâcha une de ses lames pour se frotter les yeux et vite recouvrer la vue. Un son caractéristique lui parvint aux oreilles : le chant sifflant d’une lame tirée de son fourreau. Libérant ses paupières des derniers grains de sable, sa vue confirma ses doutes : le nain, debout près du socle, tenait l’épée convoitée à la main, l’observant comme un trésor inestimable. Mais une lueur d’effroi s’immisça sur son visage barbu. Sa main se crispa autour du pommeau. Il recula dans un gémissement de douleur. Ses veines enflaient, son sang semblait refluer, comme aspiré par la lame. Ses muscles tétanisés l’empêchaient de lâcher l’arme dont la lame s’embrasa d’une flamme bleutée vaporeuse. De la magie. Bien décidé à s’emparer de l’artefact légendaire, l’elfe saisit le bouclier abandonné du nain et entreprit de le charger. Bouclier en avant, il courut vers le nain de tout son élan, l’épaule gauche appuyée contre le bouclier pour y concentrer toute sa force. L’impact fut brutal et sans appel.

Un nain tomba, un bouclier se brisa, une lame de nouveau inerte glissa au sol. Le calme se redéposa comme la poussière au sol. L’elfe couvrit la lame de sa cape et l’emballa soigneusement pour éviter tout contact direct avec. Laissant le nain comateux, il quitta les ruines le plus rapidement possible.

 

La légende raconte qu’un trésor convoité par les plus grands chefs demeurait caché au sein d’un ancien temple bâti jadis par les hommes. Chaque médaille a son revers et seul un guerrier aguerri et méritant pouvait brandir cette arme magique, au risque de voir sacrifier son énergie vitale. C’est ainsi que furent réunis les plus grands héros elfiques pour tenter de brandir l’épée sans dépérir et ainsi renverser le cours de la guerre contre le peuple nain.

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* L’illustration de cette Légende représente une bataille Légendaire entre le peuple Elfe et le peuple Nain.

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