Légendes d'Aetherya

La Légende de l’élixir de jouvence

La légende raconte que la beauté elfique réside dans un élixir dont la recette se transmettait de génération en génération. Sa production relevait du miracle : deux fleurs rares composaient les principaux ingrédients de cette recette millénaire. Elles ne fleurissaient qu’une journée. L’une poussait sur l’écorce d’un érable de la forêt du nord. L’autre s’épanouissait au sein de l’humide mousse des bois du sud. Avec un bon destrier, il ne fallait pas moins d’une semaine pour rallier ces deux endroits. Le peuple des bois avait donc réalisé ce tour de force, rassembler les deux fleurs, grâce à l’ancienne technologie des portails magiques ; permettant le voyage instantané d’un endroit vers un autre même distants de centaines de lieux.

L’elfe referma le livre alchimique, duquel émana un nuage de poussière. À deux jours de son mariage, la demoiselle aux oreilles pointues semblait prête à tout pour resplendir aux yeux de son futur époux. Glissant le vieux grimoire dans sa besace en lin tissé, elle fit le tour de tous les anciens du village en quête de pistes pouvant la mener jusqu’au fameux portail des bois du sud.

Quelque part plus au nord, un elfe, cadet de sa fratrie, cherchait le plus beau cadeau d’anniversaire pour les cent ans de sa mère. Lorsqu’il entendit parler de l’élixir de jouvence, un soir au coin du feu, cela ne faisait aucun doute : il tenait là l’idée du siècle. Il prit donc la direction des ruines prétendues renfermer une arche magique, en quête des fleurs éphémères.

Elle marcha une journée pour atteindre les ruines mentionnées par les anciens. Il monta un hamac pour la nuit. Elle se coucha tôt, bercée par le balancement du hamac et les lueurs incandescentes du ciel nocturne. Mais il eût du mal à trouver le sommeil, maintenu éveillé par l’excitation de ses futures découvertes. Elle se leva avec le chant des passereaux et démonta sa couchette en attendant d’y voir plus clair pour démarrer l’exploration. Il arpenta les ruines, dédale de demi-mur et de puits, détaillant chaque arche en pierres croisées à l’affût de la moindre trace de runes magiques. Elle mémorisait soigneusement chaque intersection pour ne pas se perdre ni perdre du temps à revisiter les culs-de-sac déjà explorés. Il s’arrêta au pied d’une fine voûte de la taille d’un homme. Mais après traduction des runes figurant dessus, elle délaissa cette simple arche décorative qui servait à souhaiter la bienvenue aux visiteurs. Il fit demi-tour, se sentant alourdi par la lassitude. Elle marchait avec nonchalance lorsque le sol, ou plutôt un tas de branchage et de feuilles mortes craquèrent sous son poids. Il tomba dans un puits dissimulé, sain et sauf grâce à un tapis végétal. En se relevant, elle découvrit une arche en fer aux contours lisses, plus haute qu’un homme, surplombée d’une grosse gemme rouge. Il n’y avait pas de doute, il était convaincu par cette trouvaille. Le portail magique se dressait là, devant elle, inerte et froid. Le manuscrit ne mentionnait pas la forme ou la nature de l’arche, mais uniquement la manière de lire ses runes afin que l’incantation révèle et réveille sa magie.

Il s’éclaircit la voix et prononça la formule haut et fort. Elle répéta encore une fois, constatant l’absence d’effet. Il vérifia l’incantation et recommença. Elle laissa l’écho de sa voix disparaître en saccades, observant pensivement l’arche. Il se résigna à une dernière tentative. Les derniers mots résonnèrent de chaque côté de l’arche. Ressentant une présence, elle se décala face à l’arche, constatant sa surface auparavant vide se remplir d’un liquide miroitant libre de toute pesanteur. Dans ce liquide, il observa son reflet qui pourtant ne lui semblait pas parfait. Les ondulations de l’interface magique devaient être la cause de cette déformation. En s’approchant d’avantage, elle observa la silhouette lui faisant face : chevelure dorée, oreilles effilées, légèrement plus grande et plus large qu’elle.

Portail Magique : Permet de faire communiquer les cartes adjacentes au portail.

Il supposa un effet loupe dégrossissant due à la nature aqueuse du mana et vérifia en plongeant sa main dedans. Elle recula brusquement en poussant un cri court et strident, comme poussée par cette main surgie du portail. Il hésita puis plongea la tête entière pour découvrir d’où provenait ce cri. Elle réalisa alors que sa réussite ne résidait que dans une improbable synchronisation avec son congénère. Il acheva de changer de lieu et lui proposa un marché : rendez-vous à la même heure du jour le lendemain, les bras chargés de la précieuse fleur d’érable pour l’un, de mousse pour l’autre. Elle accepta sans hésitation et s’engagea également à faire chaudron commun pour concocter le précieux nectar et partager leur réussite à deux.


La légende raconte que la beauté elfique réside dans un élixir dont la recette se transmettait de génération en génération. Plus que la beauté, cette mixture promettait également une alliance pérenne entre deux factions éloignées. Elfes du nord et du sud étendirent leurs échanges sur bien des domaines : savoir-faire, matériels, apprentis, culture, jeunes amoureux et anciens compagnons de guerre.

  Aslaug – Contes & légendes

* L’illustration de cette Légende représente une alliance entre deux peuples Elfe.

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