• Actualités

    PEL 2022

    Super retours sur nos trois jeux présentés 

    et joués à Paris Est Ludique ce week-end passé :

     

    – Aetherya (déjà disponible)

    – Rivality (sortie fin d’année)

    – Sa-Rê (sortie fin d’année)

     

    Du matin au soir, nous avons enchaîné les démos

    sur 5 à 6 tables en même temps sans presque

    jamais souffler. 

    Un grand merci à tous les joueurs qui sont venus partager leur enthousiasme pour notre gamme qui s’étoffe. 

    Quel plaisir pour nous, de vivre ces moments magiques avec vous ! 🤗

  • Actualités

    Retrouvez nous au PEL 2022

    Retrouvez la NostroTeam sur le stand de notre distributeur Atalia à Paris Est Ludique les 2 et 3 Juillet 2022 !

    Venez découvrir Aetherya, notre premier jeu déjà disponible en boutique depuis Mars. Un jeu de cartes dans l’univers médiéval fantastique dans lequel vous devrez harmoniser au mieux votre royaume en faisant cohabiter différentes tribus qui ne s’apprécient pas toujours… Attention également aux Dragons et Portails magiques qui sèmeront la pagaille dans votre Royaume !


    Nous vous présenterons également Sa-Rê, notre deuxième jeu qui sortira en fin d’année. Plongez au cœur de l’Egypte Antique où vous devrez construire une cité pharaonique. Gérez vos ressources, gérez votre main d’œuvre, mais soyez le premier à terminer votre cité ! Une mécanique originale alliant la gestion de ressources et le stop ou encore pour des parties funs et dynamiques !
     

    Et enfin, découvrez Rivality, notre troisième jeu qui sortira en fin d’année également. L’affrontement ne vous fait pas peur ? Préparez vos plus puissantes invocations et remportez la bataille à l’aide de magiciens et Golems de pierre. Un affrontement magique grâce à de la pose de tuiles et des sortilèges puissants.


    On a hâte de vous retrouver !!

  • Actualités

    Alchimie 2022

    Trois jours de festival à la maison, les toulousains ont été au rendez-vous ! 

    Nous avons eu le plaisir de présenter Aetherya et d’en animer plus d’une centaine de parties. C’était aussi l’occasion pour nous de vous présenter Sa-Rê ! Qui a été très bien accueilli. Entre quelques parties de Sa-Rê, le NostroBoss a eu l’occasion de défier 2 tables de joueur sur le tournoi “Gagne ton auteur”. Le but, essayer de battre l’auteur du jeu qui joue sur 2 tables en même temps. C’était assez drôle à regarder ! Il y a eu quelques séances de dédicaces également, c’est toujours un plaisir de vous rencontrer ! 

    On espère que vous vous êtes régalés autant que nous, et on vous dit à l’année prochaine !

  • Actualités

    Retrouvez nous à l’Alchimie 2022

    Retrouvez la NostroTeam à l’Alchimie du jeu au MEET les 6, 7 et 8 Mai !


    Au programme des démonstrations d’Aetherya, ainsi qu’un tournoi “Gagne ton auteur” où vous pourrez défier le NostroBoss ! 
    Ce sera aussi pour nous l’occasion de vous présenter Sa-Rê qui sera très prochainement en crowdfunding sur Gamefound.


    On a hâte de vous retrouver !

  • Légendes d'Aetherya

    La Légende du garçon au bandeau

    La légende raconte que le jeune garçon à un œil fut le seul rescapé du village de pêcheurs. C’était une nuit dégagée et éclairée par une demi-lune orangée. Le village s’endormait. Rassasié par son ragoût où nageaient morceaux de viandes et pommes de terre, le jeune garçon put sortir de table. Il quitta la pièce principale et gagna la chambre, seule et unique pièce de repos pour ses parents et lui. La maison n’était pas grande ni prétentieuse mais leur offrait le confort suffisant pour partager repas et repos mérité. Alors que sa mère lui comptait monts et merveilles pour l’aider à s’endormir, un grand fracas leur parvenu de la pièce d’à côté. La femme plongea instinctivement sur le lit pour protéger son fils. Un hurlement de douleur explosa dans la direction de la porte de la chambre. Le jeune garçon gémit en tentant de retenir ses sanglots. Le cri stoppa, disparaissant dans un gargouillis à peine audible. Trois petites silhouettes sautillantes apparurent dans l’ouverture éclairée. Du sang suintait du couteau du premier, le deuxième ricanait à la façon des hyènes, le troisième menaçait l’humaine de son arc de basse manufacture.  D’un geste de sa lame, le gobelin invita la femme à se décaler pour lui livrer l’enfant. Celui-ci se retrouva blotti contre la poitrine de sa mère qui le serrait fortement.

     Mais l’étreinte se relâcha au même moment où il entendit les battements cardiaques ralentir et le liquide chaud couler sur ses mains. Tapotant et tâtonnant le dos de sa mère, le garçon éclata en sanglots en découvrant un trait de bois fins transperçant la chair. Il s’écarta en criant de rage. Son dernier souvenir fut l’éclat de la lame et l’intense douleur au visage.

    Courbatu et un goût de sang dans la bouche, le garçon se redressa difficilement pour s’assoir. Il était assis sur une paillasse au sol, alignée avec des dizaines d’autres. Il voyait très mal et sa tête pulsait d’une douleur lancinante.

    – Tu ne devrais pas l’enlever, murmura une voix cristalline provenant de la couchette voisine, ton bandeau. Tu ne devrais pas l’enlever.

    Portant sa main au front, le garçon réalisa qu’un tissu noué autour de son crâne couvrait sa tempe et son œil gauche. Même léger, ce contact le fit frémir de douleur.

    – Guéris vite et prie. L’homme chat n’emmène que les plus forts. Les autres, comme moi, restent et attendent… 

    Une grande toile tissée en larges mailles abritait le campement. De son œil valide, le garçon analysait son environnement. Chaque couchette accueillait un enfant, sans doute orphelin, comme lui. À l’extérieur de la toile, des martèlements métalliques rythmaient les pas de courses des gobelins. Un fouet claqua. Tous les orphelins se levèrent et se positionnèrent droit comme des piquets au bout de leur paillasse, formant une haie d’honneur. 

    Le garçon les imita malgré les vertiges provoqués par la station debout. Une silhouette un peu plus grande pénétra sous l’ombre de la tente. D’une tête de plus que les gobelins, l’humanoïde au regard félin scrutait la marchandise. Une cape en velours protégeait ses secrets et son corps couvert de pelage auburn. Mais la bourse suspendue à sa ceinture qui tintait trahissait des activités lucratives. Ses fines pupilles analysaient les enfants un à un. Au bout de la rangée, il récompensa le gobelin qui l’accompagnait d’une poignée de gemmes multicolores en lui désignant quelques gaillards.

    La transaction fut interrompue par un son de cor. La panique gagna les petits êtres verts, grouillants, sautillants, criants. Les enfants se regroupèrent instinctivement au centre de la tente. Un bruit grondant emplissait l’espace, de plus en plus menaçant. Des sifflements précédaient les cris agonisants de gobelins, empalés sans merci par de longs javelots. Puis la cavalerie déferla sur le camp. Quelques minutes suffirent à réduire la troupe de gobelin à néant. L’homme chat avait déguerpi aussi vite qu’il était apparu. Un cavalier mit pied à terre et s’approcha des enfants sous la tente. Le petit garçon borgne chercha son regard à travers son heaume, de son unique œil méfiant et terrifié. Il écartait les bras, protégeant dans son dos sa voisine de couchette. L’homme retira son casque, dévoilant un visage ridé mais vigoureux, grave mais rassurant.

    – Doucement petit homme, n’ai crainte. Le temps des fouets et de la faim est terminé. Viens avec moi et dis-moi d’où tu viens.

     

    La légende raconte que le jeune garçon à un œil fut le seul rescapé du village de pêcheurs. Aujourd’hui commandant des armées de l’Ouest, il mit fin à la guerre contre les Gobelins en tuant leur roi d’un trait dans le cœur. C’est de son œil unique que fut dirigée la flèche qui vengea sa mère. Il contribua également à démanteler le réseau esclavagiste des félins trafiquants.

      Aslaug – Contes & légendes

    * L’illustration de cette Légende représente une bataille Légendaire entre le peuple Humain et le peuple Gobelins.

  • Actualités

    FIJ 2022

    Premier Festival International des Jeux de Cannes pour la NostroTeam ! Superbe accueil des pros, de la presse et du public pour Aetherya. Rupture de stock dès le deuxième jour. Merci à vous !

    Nous avons eu le plaisir d’animer plus d’une centaine de parties, avec des joueurs toujours très sympathiques et enthousiastes. Ainsi que de vous présenter Sa-Rê qui arrivera cette année ! 

    Encore merci à tous, à l’année prochaine !

  • Légendes d'Aetherya

    La Légende du massif enneigé

    La légende raconte qu’ils étaient six. Le meneur, un humain d’âge mûr et à la stature imposante, unifiait le groupe et prenait les décisions cruciales. Le guide, un nain aux connaissances infaillibles sur la montagne, aidait les cinq humains à les traverser au plus court et au plus sûr. Le pyromancien, jeune mage major de sa promotion, éclairait les nuits et réchauffait le camp. L’archère, adepte de périples en pleine nature, assurait les stocks de provisions grâce à son expérience de chasseuse. Enfin, les deux fines lames, frère et sœur jumeaux connus pour leurs talents au combat, fermaient la marche à l’affût des fâcheuses rencontres. Leur périlleuse mission de messagers les mena aux plus profondes vallées, aux plus hauts sommets, bravant les dangers du réputé infranchissable massif enneigé. Ce choix ambitieux d’itinéraire reposait sur l’espoir d’éviter la route d’assassins ou de rebelles à leurs trousses. La précieuse missive, dans son écrin de cuir suspendu au ceinturon du meneur, scellerait une alliance vitale pour le peuple d’origine des cinq compagnons.

    La voix du nain résonna avant d’être absorbée par l’épaisse couche de neige :

         Le temps tourne, la tempête approche. Trouvons un abri. En prenant à gauche, ici, on descend dans le vallon. Peut-être qu’il y aura quelques cavernes.

    Le groupe bifurqua. La descente était rude. La neige fraîche glissait sous les pieds et pénétrait dans les bottes. Le meneur ouvrait la marche. Derrière lui, chacun scrutait les reliefs en quête de failles, de renfoncements ou d’ouverture dans la roche au manteau blanc.

    Un cri interrompit la concentration du groupe. Le sol se déroba sous les appuis du jumeau. Son corps plongea dans les profondeurs. Un écho, quelques secondes plus tard, rassura le reste du groupe quant à l’état de santé du cascadeur. Une corde fut déroulée, un nœud fut serré, une torche allumée. À l’intérieur, tout était de glace. Les ombres dansaient au rythme du crépitement des flammes. Reflétées sur les murs lisses, les six semblaient légion. Les couloirs creusés par les rivières souterraines cheminaient sous terre, de rares puits creusaient de hautes voûtes scintillantes. Une grande salle s’ouvrit à eux. La lumière des torches se perdait dans l’infinité des murs. À dix mètres devant eux le sol plongeait dans les eaux sombres d’un lac enfoui. L’archère déchargea le bois de son sac, rapidement embrasé par le magicien. Le camp prit place autour du foyer. Dans l’impossibilité de connaître l’avancée de la journée ou la tombée de la nuit, ils décidèrent de bivouaquer. En terre inconnue, il valait mieux progresser au meilleur de leur forme. Nullement fatigué, le pyromancien se proposa au premier tour de garde. Seul le clapotement de gouttes d’eau suintantes et de légers ruissellements les épargnaient d’un lourd silence. Pour lutter contre l’ankylose de ses jambes, le magicien décida de faire le tour de la salle. Sa forme circulaire dépassait les vingt mètres de diamètre et offrait un volume d’air confortable même pour un groupe grâce à son plafond cathédrale. Une boule de feu flottait au-dessus de la paume de sa main. Sa chaleur rendait les parois à proximité brillante d’humidité. Sur ces mêmes parois se reflétaient à la perfection l’ombre du jeune homme et le petit astre incandescent. Progressant doucement le long du mur, les doigts glissant à sa surface glaciale, il remarqua une ombre se détacher de la sienne. Ses yeux s’écarquillèrent, son pouls accéléra, sa gorge se serra. Sans crier gare, il se retourna brusquement, brandissant la main devant lui, prêt à attaquer son assaillant. Rien. L’obscurité devant lui, la lueur du camp plus loin. Il était seul. Approchant sa flamme avec prudence, le pyromancien inspecta de nouveau le mur. L’ombre y était inchangée et figée dans la glace. Elle ne se trouvait pas derrière lui mais de l’autre côté de la surface. L’humain ouvrit les bras. Une couronne de flamiches s’alluma autour de lui. Les lumières plus diffuses lui révélèrent mieux l’être à l’intérieur.

    Une silhouette bipède. Une carrure supérieure à la normale. Des habits archaïques en peau. Un revêtement cutané irrégulier et dessiné d’écailles. Un crâne allongé et hérissé de pics de kératine. Le magicien recula d’un pas et interpella le reste du groupe, assumant la responsabilité d’un réveil en l’absence de danger imminent.

    – Hé, les gars ! Je crois qu’on n’est pas les premiers à passer par ici…

    La légende raconte qu’ils étaient six, ce jour-là, à découvrir le secret enfoui au cœur du massif enneigé.

      Aslaug – Contes & légendes

    * L’illustration de cette légende représente des grandes montagnes dans un royaume (3 terrains de type montagne adjacents).

  • Légendes d'Aetherya

    La Légende de la forêt millénaire

    La légende raconte que le cœur de la forêt millénaire demeurait inexploré. Même pour l’illustre famille de cartographe, dont la tâche se perpétuait de père en fils. D’aucun n’avait achevé de répertorier chaque clairière et chaque grotte, chaque sorte d’arbre et chaque mammifère. Et ce, malgré leur longévité elfique. Le village perché de cabanes tantôt regroupées tantôt disséminées comptait seulement quelques familles. Plusieurs générations co-existaient. Anciens profitaient de la fougue des nouveaux ; jeunots usaient du savoir de leurs aînés. À un jour de marche de l’abord de la forêt, le hameau du peuple des bois vivait dans le respect de leur environnement et en cultivant ses richesses.

    Un lièvre au pelage soyeux équipé d’un harnais en cuir déboucha d’un buisson, directement sur la place centrale du village. Les silhouettes bipèdes ne l’effrayaient guère et il fila par un petit escalier en colimaçon vers les hauteurs d’un chêne aussi âgé que la forêt. Une trappe le fit pénétrer dans la pièce de vie des cartographes.

    – Mère, il y a un message de mon frère.

    Le lièvre fut libéré de son harnais et nourrit. Le petit parchemin contenu dans sa partie dorsale fut déroulé.

    « À ma famille,

    Cela fait un jour que j’ai dépassé la chênaie de l’aube et prit la direction du territoire des loups. Demain soir, j’atteindrai la nouvelle limite explorée. Quand vous aurez ce message, je ne tarderai pas à faire demi-tour. Ici, la chasse est plus difficile. La forêt se densifie, les baies sont plus petites. Je tâcherai d’emmener plus de provisions pour la prochaine expédition. Peut-être pourrai-je également emmener notre cadette pour sa première sortie ? À très vite et en pleine forme, votre fils dévoué. »

    Le jeune elfe rangea son matériel d’écriture et recompta ses provisions en laissant filer le lièvre vers son foyer. En ce tout début de matinée, les loups dormaient et ne risquaient pas d’intercepter son message. Il replaça son baluchon sur son épaule, ajusta son arc dans son dos et quitta la souche creuse couverte de mousse qui fut son refuge d’une nuit. La frontière du territoire des loups se dressait devant lui : une barre rocheuse verticale aux stries régulières. Sur la carte de son grand-père, elle figurait sous forme de hachures noires inclinées. Au-delà, le parchemin demeurait vierge. L’ascension fut aisée grâce aux nombreuses failles verticales et horizontales quadrillant la roche calcaire.

    Au sommet, un plateau d’hêtres et de bouleaux s’offrait aux yeux avisés du cartographe. Il s’y aventura avec entrain et enthousiasme, avide de définir le nom de cette nouvelle région. L’air rafraîchissait, sous le dense maillage de branches généreusement fournies en feuillage. La lumière filtrée dévoilait une terre sombre où serpentaient les racines les plus superficielles des arbres. à l’odeur humide et végétale s’ajoutait la fragrance pleine de rondeurs des champignons. La mélodie de la forêt complétait le tableau : bruissements de feuilles, craquements de bois sec et ruissellements sous les roches. Dans cette partie de la forêt, le temps semblait s’écouler avec plus de viscosité. L’elfe sillonnait l’orée méthodiquement, mémorisant les reliefs et les distances. Chaque heure passée l’emmenait plus profondément. Seule la faim lui rappela le temps écoulé. Il s’arrêta devant une grande arche naturelle formée de pierre et de diverses plantes. La voûte lisse était surplombée par des fougères et autres lierres tombants. Elle s’ouvrait face à lui telle une bouche béante réhaussée d’une moustache verte. Croquant et mastiquant un morceau de viande séchée l’elfe y pénétra sans prendre le temps de finir sa collation. Une clairière s’ouvrit sur le portail rocheux. Une vasque circulaire creusée au centre témoignait d’un ancien lac, présence d’autrefois d’une réserve d’eau douce, envahie aujourd’hui par un généreux tapis herbeux, moelleux sous le pied et doux sous les doigts. Les yeux du cartographe arpentaient ce havre de paix. Une roche atypique attira son regard. De la hauteur d’un homme, d’une forme lisse ovoïde, d’une teinte grise bleutée uniforme. Il y apposa les mains.

    La surface n’était pas froide malgré l’absence de soleil. Il approcha son visage. Aucune odeur n’émanait de la paroi. Il y déposa son oreille pointue. Boum boum. Croyant à une hallucination, l’elfe demeura ainsi. Boum boum. Le battement persista. Emerveillé par sa découverte, le cartographe s’empressa de compléter ses documents, faisant fi du danger de l’endroit. Au-delà des hachures, il inscrivit les lettres : « antre draconique ».

    La légende raconte que le cœur de la forêt millénaire demeurait inexploré. Elle raconte que cette forêt recelait de nombreux secrets. Elle raconte qu’elle était le sanctuaire de nombreuses espèces oubliées.

      Aslaug – Contes & légendes

    * L’illustration de cette légende représente des grandes forêts dans un royaume (3 terrains de type forêt adjacents).

  • Légendes d'Aetherya

    La Légende de l’élixir de jouvence

    La légende raconte que la beauté elfique réside dans un élixir dont la recette se transmettait de génération en génération. Sa production relevait du miracle : deux fleurs rares composaient les principaux ingrédients de cette recette millénaire. Elles ne fleurissaient qu’une journée. L’une poussait sur l’écorce d’un érable de la forêt du nord. L’autre s’épanouissait au sein de l’humide mousse des bois du sud. Avec un bon destrier, il ne fallait pas moins d’une semaine pour rallier ces deux endroits. Le peuple des bois avait donc réalisé ce tour de force, rassembler les deux fleurs, grâce à l’ancienne technologie des portails magiques ; permettant le voyage instantané d’un endroit vers un autre même distants de centaines de lieux.

    L’elfe referma le livre alchimique, duquel émana un nuage de poussière. À deux jours de son mariage, la demoiselle aux oreilles pointues semblait prête à tout pour resplendir aux yeux de son futur époux. Glissant le vieux grimoire dans sa besace en lin tissé, elle fit le tour de tous les anciens du village en quête de pistes pouvant la mener jusqu’au fameux portail des bois du sud.

    Quelque part plus au nord, un elfe, cadet de sa fratrie, cherchait le plus beau cadeau d’anniversaire pour les cent ans de sa mère. Lorsqu’il entendit parler de l’élixir de jouvence, un soir au coin du feu, cela ne faisait aucun doute : il tenait là l’idée du siècle. Il prit donc la direction des ruines prétendues renfermer une arche magique, en quête des fleurs éphémères.

    Elle marcha une journée pour atteindre les ruines mentionnées par les anciens. Il monta un hamac pour la nuit. Elle se coucha tôt, bercée par le balancement du hamac et les lueurs incandescentes du ciel nocturne. Mais il eût du mal à trouver le sommeil, maintenu éveillé par l’excitation de ses futures découvertes. Elle se leva avec le chant des passereaux et démonta sa couchette en attendant d’y voir plus clair pour démarrer l’exploration. Il arpenta les ruines, dédale de demi-mur et de puits, détaillant chaque arche en pierres croisées à l’affût de la moindre trace de runes magiques. Elle mémorisait soigneusement chaque intersection pour ne pas se perdre ni perdre du temps à revisiter les culs-de-sac déjà explorés. Il s’arrêta au pied d’une fine voûte de la taille d’un homme. Mais après traduction des runes figurant dessus, elle délaissa cette simple arche décorative qui servait à souhaiter la bienvenue aux visiteurs. Il fit demi-tour, se sentant alourdi par la lassitude. Elle marchait avec nonchalance lorsque le sol, ou plutôt un tas de branchage et de feuilles mortes craquèrent sous son poids. Il tomba dans un puits dissimulé, sain et sauf grâce à un tapis végétal. En se relevant, elle découvrit une arche en fer aux contours lisses, plus haute qu’un homme, surplombée d’une grosse gemme rouge. Il n’y avait pas de doute, il était convaincu par cette trouvaille. Le portail magique se dressait là, devant elle, inerte et froid. Le manuscrit ne mentionnait pas la forme ou la nature de l’arche, mais uniquement la manière de lire ses runes afin que l’incantation révèle et réveille sa magie.

    Il s’éclaircit la voix et prononça la formule haut et fort. Elle répéta encore une fois, constatant l’absence d’effet. Il vérifia l’incantation et recommença. Elle laissa l’écho de sa voix disparaître en saccades, observant pensivement l’arche. Il se résigna à une dernière tentative. Les derniers mots résonnèrent de chaque côté de l’arche. Ressentant une présence, elle se décala face à l’arche, constatant sa surface auparavant vide se remplir d’un liquide miroitant libre de toute pesanteur. Dans ce liquide, il observa son reflet qui pourtant ne lui semblait pas parfait. Les ondulations de l’interface magique devaient être la cause de cette déformation. En s’approchant d’avantage, elle observa la silhouette lui faisant face : chevelure dorée, oreilles effilées, légèrement plus grande et plus large qu’elle.

    Portail Magique : Permet de faire communiquer les cartes adjacentes au portail.

    Il supposa un effet loupe dégrossissant due à la nature aqueuse du mana et vérifia en plongeant sa main dedans. Elle recula brusquement en poussant un cri court et strident, comme poussée par cette main surgie du portail. Il hésita puis plongea la tête entière pour découvrir d’où provenait ce cri. Elle réalisa alors que sa réussite ne résidait que dans une improbable synchronisation avec son congénère. Il acheva de changer de lieu et lui proposa un marché : rendez-vous à la même heure du jour le lendemain, les bras chargés de la précieuse fleur d’érable pour l’un, de mousse pour l’autre. Elle accepta sans hésitation et s’engagea également à faire chaudron commun pour concocter le précieux nectar et partager leur réussite à deux.


    La légende raconte que la beauté elfique réside dans un élixir dont la recette se transmettait de génération en génération. Plus que la beauté, cette mixture promettait également une alliance pérenne entre deux factions éloignées. Elfes du nord et du sud étendirent leurs échanges sur bien des domaines : savoir-faire, matériels, apprentis, culture, jeunes amoureux et anciens compagnons de guerre.

      Aslaug – Contes & légendes

    * L’illustration de cette Légende représente une alliance entre deux peuples Elfe.